Les chemins d’Anne

ANNE

crédit photo de couverture d’article : Jean Luc fortin

Anne Luconi, Praticienne shiatsu et méthode de soin traditionnelle chinoise Enseignante de Yoga Kundalini certifiée KRI

La première fois que j’ai entendu la voix d’Anne au téléphone, j’ai ressenti un élan, une fraîcheur, que rien ne pourrait altérer. En ce mois de février, un an après notre première rencontre et quelques journées des fées, elle inaugure des rendez-vous hebdomadaires de yoga kundalini aux Petites Explorations (tous les vendredis de 18h à 19h30) en complément de son activité de praticienne shiatsu et médecine énergétique chinoise.

 Enfant, Anne aimait emprunter des chemins différents pour aller à l’école. Au risque de se tromper, d’arriver en retard, de se faire gronder …Adulte, elle a continué à cultiver son goût pour les chemins détournés. Au terme d’une douloureuse descente durant laquelle elle a senti son corps lâcher,elle est allée se ressourcer dans l’écoute de son silence intérieur et des meilleures manières d’habiter son corps ; elle a réussi à trouver un équilibre personnel et professionnel.

Comment est-elle parvenue à cet enseignement ? Que faisait-elle avant ? Comment s’y prendre quand tout semble s’emballer, quand la pente s’intensifie, et que l’on doit mettre les pieds sur les bons appuis pour ne pas glisser, avec la certitude profonde de n’être plus à sa place. Anne vous livre les étapes essentielles de ce parcours, bon nombre d’entre nous se reconnaitront dans ce témoignage…

 

« Plus on focalise sur sa peur plus on ça nous donne raison d’avoir peur… »

Anne : cette métaphore de la cavalcade caillouteuse, qui requiert agilité et fluidité, me parle beaucoup, c’est ainsi que je conçois ma façon d’avancer, de cheminer. Dans ma pratique ou en consultation j’utilise une métaphore assez proche. Celle qui consiste à être au volant d’une voiture ou d’un vélo, et se laisser gagner par la peur de voir un obstacle arriver, sachant que se focaliser sur l’obstacle est la meilleure manière de le percuter. Alors qu’en se concentrant sur l’endroit où l’on veut aller, c’est se permettre de l’éviter sans difficulté. Si tu regardes l’obstacle, c’est immanquable ; tu vas droit dessus et tu renforces alors le mécanisme limitant à l’oeuvre : ” ben, tu vois bien que tu n’y arrives pas…”

Je parviens le plus souvent à éviter cet écueil de la peur. J’y vais, je fonce, en regardant au loin où je veux aller. Pourtant parfois je me dis « tiens je suis arrivée là ? Est-ce réellement ce que je voulais. » Entre l’idée de l’objectif à atteindre et l’expérimentation de cet objectif il y a un gap. Ce n’est pas grave, on peut l’accepter, et rebrousser chemin si nécessaire, on peut toujours en trouver un autre, plus adapté . Mais si on ne tente pas, on ne le saura jamais. C’est peut-être ce que m’ont enseigné mes petites explorations matinales afin d’aller à l’école.

 

Comment mettre en œuvre cette capacité d’agir, de sentir les bons choix ?

 C’est une histoire d’alignement avec ton être profond, d’écoute, de fluidité, sans blocage. Cette capacité à être à l’écoute de toi-même, dans l’équilibre que tu peux développer. Il faut d’abord calmer la frénésie du mental. Hyperactif, il a réponse à tout en voulant le plus souvent nous rendre service mais il n’est pas toujours très inspiré. C’est certes un outil très puissant sur lequel on se repose intégralement dans nos sociétés. On a pris l’habitude qu’il ait réponse à tout. Pas simple de déconnecter, alors que la véritable écoute de soi ne passe pas du tout par le mental. Il y a un certain nombre de pratiques qui nous aident à cultiver une véritable écoute de soi, de son être profond, de ces capteurs qui nous permettent instinctivement de savoir ce qui est bon ou pas pour nous. Parfois le moment n’est pas opportun et la décision n’est pas idéale. Mais aujourd’hui j’arrive à être à l’écoute de ce qui est juste pour moi. Et si j’arrive à le faire avec autant de force c’est que quelque chose en moi vient m’assurer de la justesse de mes choix.

« J’ai enclenché ce retour à soi en choisissant de me former au shiatsu et à la médecine traditionnelle chinoise. »

Avant cela je n’allais pas bien du tout. J’étais profondément malheureuse dans la vie que je menais et le métier que j’exerçais. Pourtant j’avais un boulot formidable, au cœur de projets inspirants, avec des collaborateurs très sympathiques. Mais fondamentalement, je me disais que ce n’était pas ma place. J’étais habitée par ce sentiment-là, qui à certains moments se faisait discret, mais à d’autres hurlait en moi. La plupart du temps j’aimais pourtant être valorisée, stimulée par des projets, par mes pairs, par ma hiérarchie. J’avais un salaire qui me permettait d’avoir une vie agréable. Pas facile alors d’imaginer que j’allais sauter le pas et envisager autre chose c’était compliqué. Pourtant je l’ai fait.

Etape par étape, je me suis formée, en même temps que je continuais à occuper mon poste. J’ai eu l’impression que tout allait bien jusqu’à ce que mon corps et ma résistance au stress me lâchent complètement. Ce fût brutal, douloureux, inquiétant. Pourtant j’ai récupéré, petit à petit.

« J’ai dû commencer par apprendre à m’habiter »

J’ai beaucoup marché, seule dans la forêt.  J’ai pris le temps d’être en tête à tête avec moi-même, d’écouter mon silence. J’ai décidé de quitter mon emploi salarié, de ne pas focaliser sur la peur de manquer. Mon caractère optimiste m’a portée, je me répétais que tout irait bien, que d’ici 2 ans j’aurais développé mon activité, j’arriverais à me dégager un salaire. Ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça (rire) mais ça m’a permis de ne pas focaliser sur l’obstacle, de regarder l’horizon, d’avancer. Je sentais une forme d’évidence à poursuivre sur cette voie, elle me guidait. J’avais le sentiment fort et juste d’être totalement à ma place..

Cette nouvelle pratique professionnelle ne m’a pas permis de subvenir à mes besoins financiers tout de suite, mais pour autant je me suis rendue compte que je pouvais dépenser beaucoup moins. Consommer bien mieux. Grande découverte ! Je me demande aujourd’hui comment j’ai fait pour dépenser autant et inutilement.

Pourquoi avoir choisi ces pratiques ?

Je pratique le shiatsu, le Do In et le kundalini yoga qui sont de puissants outils, très complémentaires. Ils permettent notamment de venir toquer à la porte de la conscience. Dans ces enseignements orientaux, le siège de la conscience se situe dans le cœur, et non dans la tête. En médecine traditionnelle chinoise on dit que lorsque la conscience a quitté le cœur, l’esprit erre et on trouve là l’origine de certaines pathologies mentales.

Le corps vient directement manifester l’état de l’âme, et en agissant sur le corps, on ouvre un canal de communication (souvent obturé) avec le cœur. Cela suppose d’être prêt.e à mettre le mental de côté, d’accueillir l’expérience et de développer une écoute de soi authentique. Dans nos sociétés, on n’est pas éduqué pour développer son alignement personnel. On peut se sentir perdu au cœur des injonctions familiales, sociales, hiérarchiques…

De plus en plus de personnes manifestent leur besoin d’alignement, de sens.  Cela suppose de prendre le temps, d’accepter de changer, et parfois d’être accompagné.e. Sans la capacité de prendre le temps de pratiquer, d’écouter son silence, on peut continuer, jusqu’à se mettre en danger.

Comment le yoga kundalini est-il venu à toi ?

Outre ma pratique du do-in et du qi-gong, je pratiquais d’autres formes de yoga essentiellement à des fins d’assouplissement corporel. J’avais entendu parler du yoga kundalini mais j’en avais une perception un peu perchée, sans pour autant avoir été creuser plus que ça. Je me disais que ce n’était peut-être pas pour moi. Puis je me suis inscrite à un atelier de kundalini yoga avec Lydia Ledoux aux Grandes Terres : exploration d’un chakra une fois par mois. Ce fût instantanément une belle découverte.

Durant le confinement, Lydia Ledoux a proposé une médiation gratuite quotidienne, de 30 minutes. Elle proposait des petits exercices physiques, un exercice de respiration et un mantra à chanter collectivement. Soit trois des composantes essentielles du yoga kundalini.

Tout est vibration dans l’univers. Chanter met au contact de la vibration originelle.  Les temps suspendus entre les sons que l’on fait vibrer nous mettent au contact de ce qu’est cette vibration originelle que chacun.e porte en soi. En médecine ayurvédique, on considère qu’on a des points dans le palais qui sont connectés à certaines zones de notre cerveau et qu’en chantant on vient percuter avec notre langue ces points. Ça produit une réaction mécanique puis chimique, grâce aux sécrétions de l’hypophyse qui procure énormément de calme.

Lorsqu’on se concentre sur le chant d’un mantra, le mental a du mal à faire autre chose en même temps, on le court-circuite, et déjà cela déclenche un bien-être immédiat. Cette pratique est propice à l’écoute de soi, le véritable soi. Après cette expérience avec Lydia, j’ai découvert les cours de Cristine Sanchis en visio puis dans cette salle des Petites Explorations. J’étais déjà déterminée à entreprendre la formation d’enseignante de yoga kundalini et je voulais régulièrement approfondir ma pratique auprès d’un.e professeur.e. Les cours de Cristine ont conforté mon inspiration et ma volonté d’expérimenter la pratique avec plus d’intensité.

Malgré cette sorte d’intime conviction et ma détermination à suivre la formation d’enseignante, une part de moi me soufflait « mais tu te prends pour qui ? ». J’ai cependant suivi cet appel évident, cette envie d’apprendre, portée par une curiosité humble. La même qui m’anime aujourd’hui. J’ai suivi cette formation intensive et j’ai beaucoup de gratitude pour cela. Aujourd’hui je commence tout juste à enseigner. C’est formidable. Je poursuis mon chemin avec cela, ça complète et cohabite de manière harmonieuse avec ma pratique du shiatsu et de la médecine traditionnelle chinoise.

Anne donne des cours dans la même salle que Cristine Sanchis, dont elle suit toujours les classes et qui regarde avec bienveillance l’élève devenir enseignante à son tour. Cristine rappelle un enseignement de Yogi Bhajan qui dit qu’on reste élève toute notre vie en enseignant le kundalini yoga.

J’ai beau pratiquer toute seule, tous les jours et enseigner aujourd’hui, je ne manquerai pour rien au monde les cours de Cristine. Je m’en remets à elle dans ces moment-là. C’est extrèmement précieux de pouvoir faire l’expérience de me laisser guider par l’enseignement que transmet Cristine.Quand j’enseigne dans  cette salle, je fais directement l’expérience de ce qu’on appelle la Chaîne d’Or dans le Kundalini Yoga : la chaîne de transmission des enseignements au fil du temps. On commence d’ailleurs tout cours de Kundalini yoga en chantant un mantra qui nous connecte à notre enseignant intérieur et à toute la chaîne des enseignants. On parlait d’humilité tout à l’heure, cela me permet justement de rester humble, tout comme j’éprouve cette humilité avec une gratitude immense lors des cours que je suis avec Cristine.

Le shiatsu est une thérapie corporelle d’origine japonaise, qui passe par le toucher, permet d’entretenir sa santé, de prévenir la maladie, de soulager divers maux. Ses bienfaits sur les douleurs, la fatigue, la dépression, le sommeil sont établis aujourd’hui. Quelle praticienne shiatsu es-tu ?

Ma pratique s’est patinée chemin faisant. J’aime tisser une relation particulière avec les personnes qui viennent recevoir un soin shiatsu. Ils viennent parce qu’ils souffrent dans leur corps, leur cœur ou leur âme. On peut se voir alors 2 ou 3 fois, parfois 4. Les deux premiers rdv sont rapprochés, le 3eme plus espacé. Ensuite on peut se revoir quand la personne en ressent le besoin. Et petit à petit, il ou elle développe une écoute plus fine de ses ressentis et de ses besoins. Je travaille sur futon, matelas au sol qui me permet un ancrage, une écoute fine de la personne. J’aime la façon dont ça permet à la personne qui reçoit le soin de se poser. On atterrit directement dans son corps quand on s’allonge au sol, par terre. Les personnes viennent afin d’être soulagées aux endroits où le corps crie, mais elles ouvrent également d’autres portes durant la séance. Elles accèdent à une autre forme d’écoute d’elles-mêmes, plus fine, plus subtile. Le shiatsu s’adresse à qui a envie de développer cela…

LES RENDEZ VOUS D’ANNE

Participez à une séance Yoga Kundalini avec Anne Luconi en visio (lundi 7h45/8h55) et en présentiel (tous les vendredis soir de 18h à 19h30 aux Petites Explorations). Et en bonus, pour celles et ceux qui manquent de temps, qui hésitent à se lancer directement dans un cours, qui veulent un petit plus de yoga kundalini dans la semaine il y a une offre en accès libre : le mercredi de 18h30 à 19h petit enchainement de postures suivi d’une méditation chantée. Accès gratuit sur inscription.

Consultez Anne pour des soins shiatsu à Vaugneray ou à Sainte Foy Les Lyon.

https://www.shiatsu-mapetiterosalie.com/

https://www.facebook.com/mapetiterosalie/

https://www.instagram.com/ma_petite_rosalie/

tel: 06 60 65 06 62

Partager ce post

Il n’y a pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Commencez une recherche et appuyez sur Entrer

Panier

Votre panier est vide.